Attaques mains (Te/Atemi Waza)

L’art de la main vide, c’est sans doute d’abord les mains, avec toutes les armes qu’elle propose, c’est-à-dire les différentes zones de frappe du point, mais aussi les coudes et les avant-bras.
Chaque attaque de main repose sur les mêmes fondamentaux : le Hikite (retour du bras opposé à la hanche), qui génère la rotation du buste et donc la puissance ; le Kime au moment de l’impact, qui fige le corps une fraction de seconde pour transmettre toute l’énergie ; et une trajectoire courte et directe plutôt qu’un mouvement ample qui laisserait le temps à l’adversaire d’anticiper.
Erreur fréquente : négliger le Hikite et frapper uniquement avec le bras, ce qui réduit sensiblement la puissance disponible par rapport à une frappe engageant la rotation du buste.

Comme pour les attaques de pieds, les cibles se répartissent en trois niveaux — Jodan (visage, tête), Chudan (torse, plexus) et Gedan (bas du corps) — le choix du niveau conditionnant l’angle du poing et la longueur de trajectoire nécessaire pour rester efficace sans se découvrir.

Les attaques de main se distinguent aussi par la partie du bras employée : le poing (Tsuki), le tranchant ou le revers de la main (Shuto, Uraken, Haito) et le coude (Empi/Hiji), chacune adaptée à une distance et une cible différentes — voir les fiches individuelles pour le détail de chaque surface de frappe.

U

Uraken Tsuki Uraken Tsuki

Coup porté avec le revers du poing (Uraken), en un mouvement de fouet plutôt qu’en poussée directe comme un Tsuki classique. Malgré son nom se terminant en Tsuki, cette technique appartient mécaniquement à la famille des Uchi (frappes fouettées) plutôt qu’à celle des coups de poing directs.

Uraken Uchi

Uraken Uchi Uraken Uchi  Frappe en Uraken Frappe en Uraken

Frappe en Uraken. Il existe de nombreuses variations notamment dans le style Kyokushin. La version la plus classique dans les autres styles est celle-ci:

1. Imaginez que votre bras est un fouet, dont les ondes vont partir du centre de votre corps et se transmettre dans votre bras et poignet.

2. Le bras qui frappe est armé à votre oreille, l’autre en protection devant. Le corps est relâché, les épaules sont basses (comme toujours!), le poing est cependant bien fermé, les doigts serrés.

3. Le déclenchement part d’une vibration de votre hanche et d’une contraction des mucles dorsaux, le coude puis le poing sont projettés/dépliés devant vous dans un mouvement circulaire.

4. Au moment de l’impact, vous contractez vos muscles et libérez votre kime. La frappe se fait au niveau de la tempe. Votre bras n’est pas complètement déplié pour ne pas abîmer votre articulation du coude. Les épaules restent toujours basses. Le poignet n’est pas dans la ligne droite de l’avant-bras, il est légèrement orienté vers l’extérieur.

5. La frappe Uraken étant faite en percussion, elle génère un rebond. Une fois donc la frappe effectuée, votre bras se décontracte totalement et revient très rapidement en position plié, d’où il est parti.

à distinguer de l’Uraken simple (fiche séparée) : l’Uraken Uchi désigne plus spécifiquement le mouvement de frappe fouettée complet, depuis l’armement du coude jusqu’au retour, souvent utilisé en Kyokushinkai sur une trajectoire plus ample qu’en Shotokan. Cibles habituelles : Jodan (tempe, visage) ou Chudan (plexus, flancs).

Yama Tsuki

Yama Tsuki Yama Tsuki

Le Yama Tsuki (山突き, littéralement « coup de poing de la montagne »), le kanji 山 (yama) désignant la montagne, est un double coup de poing simultané, mais asymétrique : contrairement à un double poing symétrique classique, les deux bras n’exécutent pas le même mouvement.

Le bras avant part en ligne droite vers le Chudan, généralement en Ura Zuki (poing retourné, paume vers le haut). Le bras arrière décrit une trajectoire circulaire vers le Jodan, en Seiken, dos de la main vers le haut. Cette différence de niveau et de trajectoire entre les deux bras évoque la silhouette d’une montagne, d’où son nom.

Le Yama Tsuki est une technique distincte du Morote Tsuki (double poing en U) : ce dernier reste symétrique, les deux poings suivant une trajectoire similaire avec seulement l’orientation qui diffère (un poing horizontal, l’autre vertical), alors que le Yama Tsuki combine deux niveaux et deux trajectoires différentes, une sur chaque bras.
Il se distingue d’Awase Zuki par une rotation des hanches amenant le buste de face à une position de profil (hanmi), les deux poings se présentant alors comme les deux pentes d’une montagne vue en coupe — d’où le nom imagé.

Y

Yoko Mawashi Empi Uchi Yoko Mawashi Empi Uchi

Frappe de coude portée sur le côté (Yoko) avec un mouvement de rotation (Mawashi).

Information non recoupee (source unique) : cette frappe circulaire viserait typiquement la machoire, la tempe ou les cotes flottantes de l’adversaire, la puissance etant generee par la rotation des hanches et du buste en pivotant sur l’appui au sol.

Yonhan Nukite

Yonhan Nukite Yonhan Nukite

Attaque portée avec les quatre doigts tendus (à l’exception du pouce), ciblant des zones précises comme le plexus ou la gorge.

Le pouce replie sert d’appui structurel aux quatre doigts tendus, ce qui offre une meilleure repartition de la force et reduit le risque de blessure par rapport aux variantes a un (Ippon Nukite) ou deux doigts (Nihon Nukite), au prix d’une precision moindre.

Z

Zuki Zuki

Forme composée de Tsuki (coup de poing), utilisée en fin de mot dans de nombreuses techniques (Oi Zuki, Gyaku Zuki...).

Le changement Tsuki vers Zuki s’explique par le rendaku, un phenomene phonetique japonais qui sonorise la consonne initiale d’un second element dans un mot compose (d’ou Oi-zuki, Gyaku-zuki plutot que Oi-tsuki, Gyaku-tsuki).