Attaques mains (Te/Atemi Waza)
L’art de la main vide, c’est sans doute d’abord les mains, avec toutes les armes qu’elle propose, c’est-à-dire les différentes zones de frappe du point, mais aussi les coudes et les avant-bras.
Chaque attaque de main repose sur les mêmes fondamentaux : le Hikite (retour du bras opposé à la hanche), qui génère la rotation du buste et donc la puissance ; le Kime au moment de l’impact, qui fige le corps une fraction de seconde pour transmettre toute l’énergie ; et une trajectoire courte et directe plutôt qu’un mouvement ample qui laisserait le temps à l’adversaire d’anticiper.
Erreur fréquente : négliger le Hikite et frapper uniquement avec le bras, ce qui réduit sensiblement la puissance disponible par rapport à une frappe engageant la rotation du buste.
Comme pour les attaques de pieds, les cibles se répartissent en trois niveaux — Jodan (visage, tête), Chudan (torse, plexus) et Gedan (bas du corps) — le choix du niveau conditionnant l’angle du poing et la longueur de trajectoire nécessaire pour rester efficace sans se découvrir.
Les attaques de main se distinguent aussi par la partie du bras employée : le poing (Tsuki), le tranchant ou le revers de la main (Shuto, Uraken, Haito) et le coude (Empi/Hiji), chacune adaptée à une distance et une cible différentes — voir les fiches individuelles pour le détail de chaque surface de frappe.

Kara Tsuki
Coup de poing de face. Aussi appelé Choku Tsuki ou Seiken Tsuki ou Sei Tsuki
Ce synonyme (parfois orthographie Kara Zuki) est notamment atteste dans des supports pedagogiques de club independants du site. Le mouvement repose sur le principe du hikite, la retraction simultanee du bras oppose, qui stabilise la trajectoire et augmente la puissance du coup.

Keiko Uchi
Frappe portée avec les doigts resserrés en forme de bec de coq (Keiko), technique visant des points précis comme la gorge.
Le terme le plus repandu dans les glossaires specialises pour cette forme de main en bec de poulet est Keito (鶏頭, « tete de poulet »), quand Keiko renverrait plutot, selon certaines sources, au kanji 鶏口 (« bouche de poulet ») - les deux orthographes coexistent selon les ecoles sans qu’une version fasse consensus.

Kentsui Uchi
Kentsui est synonyme de Tettsui, coup de poing marteau
Le terme standard, notamment en Shotokan, est plutot Tettsui (鉄槌, « marteau de fer »), avec des variantes comme le Tettsui Hasami Uchi (en ciseaux, a deux mains) et le Tettsui Yoko Uchi (lateral). Kentsui et Tettsui designent la meme frappe du tranchant du poing ferme, l’usage de l’un ou l’autre terme variant selon les ecoles.
Kibadachi Tsuki
Coup de point Tsuki à partir de la position Kiba Dachi
Le Kiba Dachi (« position du cavalier ») sert avant tout au renforcement isometrique des jambes. Ce travail de poing en Kiba Dachi se retrouve de facon caracteristique dans les katas Tekki (Naihanchi), executes presque integralement dans cette position.
Kizami Tsuki
Le Kizami Tsuki (刻み突き), littéralement « coup de poing qui entaille », est un coup de poing direct porté avec le bras avant, sans changement de garde ni de position des pieds. C’est l’équivalent du « jab » en boxe anglaise : rapide, économe en mouvement, il sert autant à toucher qu’à mesurer la distance (Ma Ai) ou à préparer une technique plus puissante comme le Gyaku Tsuki (coup de poing arrière, en opposition de garde). Sa vitesse d’exécution vient du fait qu’il ne nécessite quasiment aucune préparation visible, ce qui en fait l’une des techniques les plus utilisées en compétition de Karaté Shotokan en Kumite, souvent enchaînée directement avec un Gyaku Tsuki pour former la combinaison la plus enseignée du style.
Dans la chaîne pédagogique du Karate, le Kizami Tsuki est généralement la toute première technique de poing enchaînée en Kumite avec un Gyaku Tsuki, formant ainsi la combinaison d’ouverture la plus enseignée avant d’aborder des enchaînements plus complexes.
Ko Uchi
Attaque portée avec les poignets, voir aussi Kakuto Uchi, une technique équivalente. Le terme Ko Uchi regroupe, comme le Ko Uke côté blocages, l’ensemble des frappes réalisées avec cette articulation plutôt qu’avec le poing ou l’avant-bras.

Koken Uchi
Le Koken Uchi (虎拳打ち), la frappe du poignet, se réalise en tendant fermement la main vers l’avant-bras tout en gardant les doigts bien connectés autour du pouce, de manière à former une surface de frappe rigide au niveau du dessus du poignet. Cette technique de percussion, moins connue que le Seiken ou le Shuto, offre l’avantage d’une trajectoire courte et rapide, particulièrement adaptée aux frappes circulaires vers la tempe ou le côté du visage à courte distance. Comme pour toute technique utilisant une surface de frappe articulaire spécifique, un alignement précis du poignet au moment de l’impact est indispensable pour éviter tout risque de blessure et garantir l’efficacité du coup.
Kokenuchi
Les attaques en Koken sont faites avec le poignet, la main est en tension vers l’avant-bras, les doigts bien connectés sur le pouce. C’est la version offensive du Koken Uke : la même partie du poignet, utilisée ici pour frapper plutôt que pour bloquer.

Kubiwa
Technique d’encerclement du cou.
1. L’adversaire exécute une attaque au niveau Jodan, avec le poing droit, en Oi
2. Vous bloquez avec la main droite, en Haishu, en poussant le bras de l’adversaire vers son intérieur
3. Vous déplacez votre pied droit pour le placer derrière la jambe droite de l’adversaire et réalisez dans le même temps un attaque au menton
4. Dans la continuité, enroulez le cou de l’adversaire avec votre bras droit pour le déséquilibrer avec force en poussant la partie supérieure de son corps vers l’arrière jusqu’à l’amener au sol
Cette technique débute comme Byobudaoshi mais se poursuit différemment.
Vous y trouverez l’idée de l’Aikido qui est d’utiliser la propre inertie de l’adversaire, qui est le concept du Irimi.

Kumade
Main de l’ours
La main de l’ours, technique de frappe et de saisie où les doigts recourbés forment un crochet, utilisée notamment pour attaquer les tempes ou les oreilles.
Le kanji 熊手 (kumade) designe aussi, dans la vie courante, un rateau de jardin ou un rateau porte-bonheur vendu lors des fetes d’automne au Japon, le nom de la technique faisant reference a la forme recourbee des doigts qui evoque des griffes. Le coup peut etre porte en frappe circulaire a l’oreille, en griffure au visage ou en saisie sur les tissus mous (gorge, aine, face interne du bras).
Mae Te Tsuki
Maete zuki est une frappe directe du poing avant à partir de la position dans laquelle on se trouve, en général au niveau Jodan
Cette technique, contrairement au Kizami zuki, est donnée avec le buste encore de face. Il est souvent effectué avec le même bras ayant effectué un blocage de type Soto uke ou Uchi uke ou après une esquive par déplacement latéral de la jambe arrière.
Avoir toujours à l’esprit que cette technique expose le buste de manière importante et peut permettre une contre attaque de l’adversaire.
La puissance de la technique est augmentée lorsqu’elle s’accompagne d’un pas glissé, Tsugi ashi.
Le Mae Te Tsuki est typiquement une technique de Go No Sen : elle intervient comme contre-attaque immédiate après un blocage réussi (Soto Uke ou Uchi Uke) plutôt que comme technique d’ouverture, ce qui la distingue du Kizami Tsuki, davantage utilisé pour initier l’échange ou mesurer la distance.

Mawashi Hiji Ate
Coup de coude circulaire, qui peut aussi être désigné par Mawashi Empi Uchi
Information non recoupee (source unique) : son execution correcte impliquerait une rotation des hanches se propageant comme une onde a travers le tronc puis l’epaule jusqu’au coude, la paume de la main devant rester tournee vers le sol pour eviter une destabilisation de l’epaule.

Mawashi Tsuki
Coup de poing circulaire, la trajectoire du bras décrivant un arc plutôt qu’une ligne droite comme dans un Tsuki classique.
Sa trajectoire courbe permet de contourner la garde adverse, la frappe visant plutot la tempe ou la machoire que le centre du corps. Il se rapproche d’autres coups de poing circulaires comme le Kagi Tsuki (coup de crochet) et le Furi Tsuki (coup en balancier).

Mawashizuki
Variante orthographique de Mawashi Tsuki : un coup de poing à trajectoire circulaire, qui permet de contourner une garde placée directement dans l’axe plutôt que de la percuter de face.

Morote Uchi
Technique d’attaque intérieur-extérieur renforcée par le poignet. Miroir en attaque du blocage Morote Uke.
Le nom se decompose en morote (« a deux mains »), uchi (« interieur ») et uke (« reception »). Selon une source specialisee non recoupee, cette forme de blocage/attaque a deux bras apparaitrait notamment dans les katas Heian Nidan et Bassai Dai, ou elle est executee a main ouverte dans ce dernier.

Nagashizuki
Coup de poing réalisé en avançant et déplaçant le corps hors du champ de l’attaque qui arrive. Le corps se déplace en rythme et juste derrière la ligne d’attaque.
Le Nagashizuki illustre le principe du Tai Sabaki appliqué à l’attaque plutôt qu’à la défense : au lieu de reculer ou de bloquer, le pratiquant se déplace hors de la ligne d’attaque tout en portant simultanément son propre coup de poing, ce qui lui permet de contre-attaquer dans le même temps que l’esquive. Cette économie de mouvement — une seule action combinant défense et attaque — en fait une technique caractéristique du Sen No Sen, valorisée en Kumite pour sa vitesse d’exécution.

No Tsukomi
« No Tsukomi » indique qu’une technique est exécutée en fente, en étirement (Tsukkomi), le buste projeté vers l’avant pour gagner en distance et en puissance au moment de l’impact — comme dans Jun Tsuki No Tsukomi.

Oi Tsuki
L’Oi Tsuki (追い突き), le « coup de poing en avançant » ou coup de poing en fente, est l’une des techniques fondamentales du Karaté : le pratiquant avance d’un pas complet tout en portant simultanément un coup de poing avec le bras du même côté que la jambe qui avance, contrairement au Gyaku Tsuki où le bras et la jambe avancée sont opposés. Cette coordination entre le pas et la frappe permet de projeter tout le poids du corps dans le coup de poing au moment de l’impact, générant une puissance importante malgré la relative simplicité du mouvement. C’est généralement l’une des toutes premières techniques enseignées aux débutants en Kihon, car elle permet d’apprendre à synchroniser le déplacement des jambes avec le travail du bras, une compétence de base indispensable à la progression ultérieure.

Otoshi Empi Uchi
Coup de coude descendant, porté verticalement de haut en bas, typiquement utilisé contre un adversaire déjà baissé ou au sol. Le coude retombe avec le poids du buste plutôt qu’avec la seule force du bras.

Otoshi Hiji Ate
Coup de coude descendant, variante de vocabulaire d’Otoshi Empi Uchi (Hiji et Empi désignant tous deux le coude selon les écoles). Il est porté de haut en bas, typiquement contre un adversaire déjà baissé, saisi ou déséquilibré vers l’avant.