Décès de Léon Montoya, instructeur JKA formé au Hoitsugan
Publié le 18-9-2026
Né à Medellín, en Colombie, le 14 janvier 1962, Léon Montoya arrive au Japon en 1986, à 24 ans, avec un seul objectif : pousser sa pratique du Karaté traditionnel au plus haut niveau. Il trouve sa maison spirituelle et physique au légendaire dojo Hoitsugan, fondé par Maître Nakayama, et n’en repartira plus. Pendant des décennies, à travers tous les hauts et les bas, il y reste : s’entraînant, soutenant les autres, incarnant le véritable esprit du Budo.
Il vit simplement, avec peu de possessions mais un sens profond du service, gardant une chambre au dortoir du Hoitsugan tout en devenant une figure de grand frère tranquille pour nombre de ceux qui avaient eux aussi choisi ce dojo comme point d’ancrage dans le monde du Karaté tokyoïte.
Hispanophone de naissance, il apprend seul le japonais, l’anglais et le français, avec la même rigueur qu’il met dans sa pratique. étudiant à l’université Komazawa, il y est respecté autant pour sa rigueur académique que pour ses qualités physiques. Au Honbu Dojo de la JKA, toujours présent, littéralement comme figurativement, il devient avec le temps le senpai de référence de la communauté non japonaise, respecté par plusieurs générations de pratiquants.
Son parcours n’est pas linéaire. Il obtient son Sandan en 1989, mais il faut attendre deux ans de plus avant d’être admis au programme d’instructeurs de la JKA. Il relève le défi avec humilité : traduction de documents, soutien des cours, assistance de ses aînés en toutes circonstances, sans jamais se plaindre. Après les trois années habituelles de la période probatoire pour un stagiaire instructeur non japonais, les responsables de la JKA lui annoncent qu’il doit encore accomplir un programme Kenshusei « officiel » de deux ans supplémentaires. Il ne s’en trouve pas brisé : il se remet simplement au travail.
Léon Montoya est diplômé du programme d’instructeurs de la JKA en 1996 — non seulement de ce programme, mais aussi d’une phase plus profonde d’introspection, d’étude et de recherche spirituelle. Passionné de sumo, de littérature et de philosophie, il ne recherche jamais les projecteurs et ne sollicite pas, contrairement à certains de ses pairs, de postes d’enseignant à l’étranger.
Pour ceux qui se sont entraînés et ont sué à ses côtés au Hoitsugan, il était bien plus qu’un karatéka : un frère, un guide, une présence constante. Il est resté d’une discrétion telle que, pour cet hommage, plusieurs anciens du Hoitsugan interrogés sur la date de son anniversaire n’ont su répondre — tous, en revanche, se souvenaient qu’il n’oubliait jamais le leur, où qu’ils se trouvent et quel que soit le temps passé loin du dojo.
Il laisse dans le deuil son épouse, Yuriko.
Voir la JKA, l’organisation à laquelle il a consacré sa vie.
Osu, Léon Montoya.
